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Voitures modernisées Sud Est "Bruhat"

Années de construction : 1956 à 1962
Nombre d'exemplaires : 318
Longueur : 22,3 m.
Vitesse limite : 140 m/h
Radiation : 1987 à 1991
Equipements particuliers : plateforme centrale
Service assuré : Régional + express supplémentaires

Construites à 318 exemplaires entre 1956 et 1962, ces voitures d'apparence moderne sont en réalité issues de la reconstruction de matériel très ancien (datant de 1900 à 1920) dont le remplacement par du matériel intégralement neuf n'était pas possible pour des raisons financières. Cette technique avait déjà été utilisée pour les voitures à trois essieux ex PLM, puis le sera pour les voitures "Romilly" ex Est ; ici, ces voitures officiellement appelées "modernisées Sud Est" ont reçu le surnom de "Bruhat", nom de leur concepteur.

Seul type : B10tz (318 exemplaires)

A partir de voitures à caisse en bois provenant du PLM de réseaux allemands (prises de guerre), encore utilisées en service omnibus pendant les années 50, on récupère le châssis et les bogies, limités à 120 km/h. Le châssis est tronçonné et rallongé à 22 m, tandis qu'une caisse neuve est mise en place. elle se compose d'une plateforme centrale, équipée de doubles portes battantes (à commande pneumatique), encadrée par deux salles de quarante places de seconde classe chacune (banquette en disposition 2+2, 5 baies par coté). A chaque extrémité, outre un cabinet, se trouve une porte d'intercirculation. La vitesse limite est augmentée à 140 km/h.

Les aménagements, modernes pour l'époque (banquettes en skaï, disposition 2+2, tubes néon, chauffage à air pulsé...), sont appréciés et permettent à la série d'être utilisée non seulement en service omnibus, mais aussi sur des trains express parfois à long parcours. Vu l'existence d'un seul diagramme, il n'y a jamais eu de rames formées exclusivement de voitures Bruhat : elles étaient toujours utilisées avec des voitures de types divers, allant des exemplaires hérités des anciens réseaux aux voitures Corail.

Les passages en révision générale à la fin des années 60 entraînent, outre l'apparition du marquage UIC, la pose de bourrelets d'intercirculation en caoutchouc à la place des soufflets. Les bogies sont aussi remplacées sur certaines unités, ce qui améliore le confort de roulement.

Au début des années 80, le développement des rame RIO et des voitures Corail constitue une menace à terme pour la série, qui est relativement récente et qui a entre temps adopté la signalétique Corail (bandeau vert clair au dessus des baies, cartouches de marquage des classes) . En effet, les utilisations en service grandes lignes (notamment sur les trains supplémentaires) sont de moins en moins fréquentes, et ces voitures ne peuvent pas être utilisées en réversibilité.

Un exemplaire de la gérance de Metz est alors modernisé en 1981 : la livrée extérieure est à base de bleu avec un bandeau gris au niveau des baies, et les portes sont orange Corail. Les aménagements intérieurs sont totalement revus, avec dans une salle des sièges individuels identiques à ceux des automotrices Z 6400, ceux de l'autre salle étant ceux d'origine garnis en skaï marron. Néanmoins, cette modernisation ne sera pas suivie, les rames RIO étant plus adaptées au trafic omnibus (réversibilité, trois plateformes par caisse), des séries plus récentes étaient progressivement libérées par le TGV Sud Est (voitures DEV, USI...) et les régions commençaient à accepter l'idée de financer leur propre matériel (notamment à partir de 1985 avec les rames RRR).

Les radiations commencèrent donc en 1987, avec remplacement par des automotrices Z2, des rames RRR voire (à court terme) des voitures grandes lignes comme les DEV inox, les derniers exemplaires disparaissant des effectifs en 1991. Cependant, à cette époque, 43 voitures ont été revendues en Albanie, tandis que cinquante autres ont été rachetées par la SNCS (chemins de fer du Sénégal), qui les a fait adapter à la voie métrique et moderniser sur le modèle du prototype de 1981. Un certain nombre d'exemplaires ont aussi été conservés par des associations et chemins de fer touristiques.

Des voitures Bruhat sont encore visibles en 2010 en France : cet exemplaire vu à proximité des Ateliers de Nîmes Courbessac a été transformé en voiture de service (à gauche, on aperçoit l'extrémité d'une DEV AO qui a subi la même deuxième carrière).